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LES FONDAMENTAUX

Il est important de distinguer les douleurs chroniques des douleurs aiguës (ou "douleurs en relation avec une cause récente identifiable").

 

Contrairement à la douleur "normale" utile et protectrice – celle qui nous permet d’enlever notre main d’une plaque brûlante –, la douleur chronique n’a pas cette fonction d’alarme. Elle est persistante et le plus souvent multifactorielle, et nécessite une prise en charge spécifique.

Il existe trois grandes catégories de douleurs chroniques dont les mécanismes sont distincts mais qui peuvent coexister chez un même patient.

 

Dans tous les cas, il est capital d’identifier les différentes composantes de la douleur pour ajuster au mieux la prise en charge thérapeutique.

 

 

DOULEURS NOCICEPTIVES / DOULEURS INFLAMMATOIRES

Les plus fréquentes sont les douleurs dites 'nociceptives' comme celles de l'arthrose, liées à une stimulation du système de détection de la douleur. Lorsque cette stimulation se prolonge, en raison notamment des phénomènes inflammatoires, le système devient hypersensible et anormalement excitable, ce qui contribue à amplifier et faire durer les douleurs. Ces douleurs ne sont pas spécifiques des maladies neurodégénératives, mais leur fréquence et surtout leur impact sur la qualité de vie sont plus importants chez les patients atteints de ces maladies.

L’objectif du traitement va d’abord être de tenter de réduire l’inflammation s’il y en a une, et de bloquer ou de réduire la transmission des messages douloureux en utilisant des antalgiques comme le paracétamol et les produits dérivés de la morphine (les opioïdes) qui pourront être pris en plus des anti-inflammatoires.

 DOULEURS NEUROPATHIQUES 

Liées à une lésion ou une maladie du système nerveux, ces douleurs sont davantage spécifiques des maladies neurodégénératives. Dans ce cas, il n’y a pas d’inflammation qui active les fibres de la douleur, mais ce sont des perturbations et des dérèglements du système de détection de la douleur lui-même qui sont responsables des douleurs. Les mécanismes des douleurs neuropathiques étant différents, leur description se distingue de celle des douleurs nociceptives. Des termes comme brûlures, décharges électriques, picotements, etc. sont assez spécifiques de ces douleurs et permettent de les reconnaître dès l'interrogatoire.

Des questionnaires simples, comme le DN4, ont été développés et validés pour faciliter leur dépistage. Reconnaître une douleur neuropathique est important, car contrairement aux douleurs nociceptives/inflammatoires, les douleurs neuropathiques ne répondent pas aux médicaments habituels de la douleur, comme le paracétamol ou les anti-inflammatoires. Ces produits sont, en général, totalement inefficaces et il est donc illogique, voire dangereux, de les utiliser face au risque d’effets indésirables parfois graves. D'autres produits comme certains antiépileptiques ou antidépresseurs sont parmi les rares médicaments susceptibles d’avoir une efficacité sur ce type de douleurs.

 DOULEURS DYSFONCTIONNELLES 

Dans certains cas, les douleurs ne peuvent être expliquées ni par une lésion mécanique ou inflammatoire, ni par une lésion neurologique. On parle alors de douleurs dysfonctionnelles, car on considère qu’elles sont dues à un mauvais fonctionnement du système de détection de la douleur et notamment des mécanismes de contrôle de la douleur normalement présents dans notre cerveau.