DOULEUR ET SCLÉROSE EN PLAQUES

Ce qu'il faut retenir

1

2

3

La douleur est rarement le premier symptôme auquel on pense lorsque l’on évoque le diagnostic de sclérose en plaques.

Bien que non prise en compte dans l’évaluation habituelle du handicap, elle constitue néanmoins un symptôme fréquent et invalidant.

Une analyse précise de l’étiologie douloureuse permet de mettre en place un traitement optimal.

Le mot du Spécialiste

Pr B. Brochet, neurologue

Spécialiste de la sclérose en plaques

La sclérose en plaques est caractérisée par la survenue de nombreux symptômes contribuant au handicap, que ce soit au cours de poussées évolutives de la maladie ou indépendamment de celles-ci. Parmi ces symptômes, les douleurs sont particulièrement fréquentes, survenant chez plus de 60% des patients à un moment ou un autre de l’évolution de la maladie.

 

Les douleurs de la sclérose en plaques résultent de nombreux mécanismes.

Si le type de douleur a été identifié, cela permet de proposer un traitement plus spécifique. Dans la majorité des cas, les douleurs de la sclérose en plaques sont des douleurs neuropathiques par lésion du système de transmission ou de régulation de la douleur dans le système nerveux.

On peut distinguer des douleurs paroxystiques, des douleurs transitoires, lors des poussées et des douleurs persistantes.

Les douleurs paroxystiques sont à type de névralgie (douleurs électriques en éclairs), par exemple au niveau de la face (névralgie du nerf trijumeau liée à une lésion de sclérose en plaques, à distinguer d’une névralgie essentielle du trijumeau non liée à la maladie).

Les douleurs trigéminées peuvent survenir lors d’une poussée ou à distance.

Le signe de Lhermitte (décharges électriques des membres après flexion du cou) est un autre type de douleur neuropathique par crise qui peut survenir lors d’une poussée de myélite mais peut persister ensuite. Les douleurs liées aux poussées sont le plus souvent neuropathiques (brûlures, électricité, fourmillements douloureux, par lésion de la moelle épinière).

Il peut s’agir aussi de douleurs inflammatoires (douleurs à la mobilisation de l’œil par inflammation de la gaine du nerf optique).

Les douleurs neuropathiques les plus fréquentes sont des douleurs continues intéressant souvent les membres à type de brûlure qui peuvent persister pendant des mois ou des années, parfois après une poussée de myélite.

D’autres douleurs observées dans la sclérose en plaques, sans être des douleurs neuropathiques, sont liées aux lésions de la maladie, comme les crises toniques douloureuses au niveau des membres, ou les douleurs liées à la spasticité (contractures).

© 2018 ITMO Neurosciences, sciences cognitives, neurologie et psychiatrie - Aviesan