DOULEUR ET MALADIE DE PARKINSON

Ce qu'il faut retenir

La douleur est une préoccupation majeure pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Pourtant, les symptômes de cette pathologie étant surtout moteurs, l’expression de la souffrance n’est pas suffisamment prise en compte lors des consultations.

Le mot du Spécialiste

Pr C. Brefel-Courbon, neurologue

Spécialiste de la maladie de Parkinson

La maladie de Parkinson fait mal puisque 70 % des patients se plaignent de douleurs chroniques. Les douleurs apparaissent parfois avant même que la maladie ne soit diagnostiquée, elles constituent alors le premier symptôme de la maladie. Elles peuvent augmenter au cours de son évolution.

Deux grands types de douleurs liées à la maladie de Parkinson peuvent être identifiés :

- des douleurs nociceptives (douleurs mécaniques) en rapport avec les symptômes moteurs comme les crampes musculaires, la raideur douloureuse siégeant avec prédilection dans le cou, le dos, les mollets, les épaules et la dystonie des orteils, du pied ou plus rarement de la main.

 - des douleurs neuropathiques ou dysfonctionnelles qui ne sont pas directement liées aux symptômes moteurs, mais qui sont en rapport avec un dysfonctionnement des mécanismes de la douleur, secondaires aux lésions cérébrales de la maladie de Parkinson. Elles sont plus difficiles à diagnostiquer. Elles s’apparentent à des : engourdissements, sensations de compression ou d’étau,  brûlures, douleurs lancinantes touchant préférentiellement le membre le plus atteint par la maladie.

 

Il existe souvent plusieurs types de douleurs chez un même patient atteint de la maladie de Parkinson.

 

Pour permettre une meilleure identification de ces douleurs, il est important de bien décrire la douleur : la localisation (les douleurs concernent-elles le côté le plus atteint par la maladie ?), les horaires de survenue (la douleur est-elle contemporaine ou aggravée par les blocages moteurs ?), l’effet des médicaments anti-parkinsoniens (la prise des médicaments entraine-t-elle une amélioration ?). Ces éléments sont indispensables afin de définir la catégorie de la douleur et choisir le traitement le plus adapté.

Dans les douleurs nociceptives, on adaptera la dose et la fréquence des prises des médicaments anti-parkinsoniens. Dans les douleurs neuropathiques ou dysfonctionnelles, on pourra prescrire des médicaments opioïdes ou certains antidépresseurs ou antiépileptiques.

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